Comment entrer en transe sans substances ni rituel — guide pratique
- Les Autres Nous

- 24 juil.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 août

Pour entrer en transe consciente par soi-même et sans substances, il faut réunir plusieurs conditions : un cadre calme et sécurisé, une attention focalisée sur une partie de soi (le corps, les pensées, le souffle, un son, etc), et un certain lâcher prise.
Tout ces éléments favorisent une capacité innée et naturelle chez l’être humain, celle à se laisser absorber par le moment présent.
Elle repose sur une aptitude que la psychologie appelle l’absorption : la capacité à se laisser pleinement captiver par une expérience, au point que le reste s'efface momentanément.
Le chercheur Auke Tellegen a montré dès les années 1970 que cette tendance est un trait mesurable, présent à des degrés divers chez chacun, et qu’il est important pour pouvoir ou non entrer dans un état modifié de conscience.
La bonne nouvelle, c’est que cette capacité, ce n’est pas un don réservé à quelques uns, mais quelque chose qui se cultive et s’entraîne, qu’on soit contrôlant ou plutôt à l’aise avec le lâcher prise.
La pratique de l’hypnose montrent d'ailleurs que les personnes capables d'accéder à ces états peuvent apprendre à le faire seules, par l’auto-hypnose.
C’est précisément le même principe avec HoloSelf, une forme de transe auto-induite
Comment faire ?
Il ne s’agit pas d’attendre qu’un phénomène mystérieux vous tombe dessus, mais de réunir volontairement plusieurs bonnes conditions
Étape 1 — Un cadre sécurisé
Un lieu calme où vous ne serez pas dérangé·e et un moment où vous n'avez rien d'autre à faire. Le sentiment de sécurité est une condition de base, car on ne lâche prise que là où l'on se sent en sûreté. Une position confortable, assise ou allongée, suffit.
Étape 2 — Une attention focalisée
La transe s'ouvre par la concentration, pas par la dispersion. On dirige l'attention vers un point d'ancrage unique : le rythme du souffle, une sensation corporelle, un son régulier, une image intérieure. Les études en neuro-imagerie associent cet absorption par l'attention à une baisse d'activité du bavardage mental, des pensées.
Étape 3 — Le lâcher-prise
Une fois l'attention posée, il ne s'agit plus de forcer. On laisse l'état venir, sans chercher à le provoquer ni à l'analyser. C'est le paradoxe de la transe : plus on essaie d'y entrer par la volonté, plus on s'en éloigne. Le mental n'est pas un ennemi à combattre — c'est un allié qu'on invite simplement à se poser.
Selon notre expérience de plusieurs années d'accompagnement, c'est souvent le lâcher prise qui peut être le plus difficile à atteindre pour certain·e·s débutant·e·s.
En effet, la pratique de l'attention ciblée peut être favorisée par une piste sonore ou un mouvement, c'est à dire que le mental peut être "occupé" pour que cela se passe au mieux. Par contre, il est plus difficile de dire à quelqu'un "maintenant vous lâchez prise", car cette action nécessite différents changements physiologique (ralentissement de la respiration, détente musculaire, baisse de production de cortisol).
Cette condition doit donc s'accompagner de plusieurs exercices, ce qu'on appelle des mises en conditions, pour être favorisée. Nous avons pour cela crée tout un ensemble d'exercices que nous proposons en début de séance pour aider les plus contrôlants à se détendre.
C'est souvent ce qui manque dans certaines autres pratiques de transes, où l'on passe rapidement une bande sonore sans aider en amont les participant·e·s à être au mieux pour vivre pleinement l'expérience.
Pour vous démontrer tout cela, voici un exercice simple que vous pouvez faire chez vous. Vous pouvez vous enregistrer lisant ces quelques lignes, puis vous les passez, les yeux fermés :
Installez-vous confortablement, au calme.
Fermez les yeux.
Portez votre attention sur votre respiration, sans la modifier — simplement l'observer entrer et sortir.
Au bout de quelques cycles, élargissez : remarquez le poids de votre corps, les points de contact, la température de l'air.
Laissez votre attention devenir à la fois large et détendue.
Si des pensées surgissent, ne luttez pas : laissez-les passer comme des nuages, et revenez à votre ancrage.
Maintenant, à l'expiration, laissez sortir un "mmh" si vous avez la bouche fermée, ou une petite vocalise si vous avez la bouche ouverte.
Sentez comment ce son se propage en vous.
Vous pouvez ressentir les vibrations dans votre corps.
Au fil des minutes, vous remarquerez peut-être un changement de qualité, le temps qui se dilate, une détente plus profonde, des images qui émergent.
De quoi s'accompagne se "mmmh" ou cette vocalise ? Peut être qu'il y a des images, des émotions, ou tout autre chose qui s'accompagne. Accueillez et laisser se déposer ce son dans la partie de votre corps qui en a besoin ajourd'hui.
Comme un cadeau pour vous-même.
C'est cela le seuil de la transe, de votre HoloSelf. Restez-y le temps qui vous convient.
Si vous voulez, vous pouvez laisser venir un geste de remerciement, une caresse, sur vous même.
Et avant de revenir, vous pouvez laisser venir une phrase, comme un voeux, pour répondre à cette question : "De quoi ai-je besoin aujourd'hui ?"
Laissez apparaitre un mot, ou une image, une émotion.
Puis revenez doucement, en bougeant les doigts, en rouvrant les yeux.
Cet exercice très bref est un point de départ parmi d'autre.
Certains ressentent un basculement net, d'autres une simple détente. Les deux sont valables : l'aptitude se développe avec la régularité, exactement comme un muscle ou une pratique sportive.
Qu'en est-il des sons et des substances ?
Beaucoup de traditions utilisent des inducteurs — tambour, chant, danse — et la recherche confirme que des stimuli auditifs rythmiques peuvent faciliter l'entrée en transe. Le son est d'ailleurs un levier que nous travaillons spécifiquement dans la méthode HoloSelf.
Mais ces supports ne sont pas indispensables : ils accompagnent un mécanisme qui, lui, est interne. Quant aux substances, elles ne sont ni nécessaires ni souhaitables ici : la transe consciente se définit justement par la lucidité et le maintien du discernement. Tout l'intérêt est d'apprendre à y accéder par vos propres moyens.
Par exemple pour Simon, c'est bien le son qui lui a permis de rentrer profondément dans cet état lors de sa première séance. Grâce à son premier métier, il s'est alors rapidement rendu compte des possibilités infinies pour entrer par le son en état de transe. Sons répétitifs pour la privation sensorielle, sons plus percussifs pour éveiller le corps, changeant ainsi le type de transe vécue, mais aussi répétition de certaines harmoniques et multiplication de celles-ci avec un léger décalages afin de créer une désorientation saine, etc, etc.
Cependant, c'est finalement ses propres vocalises qu'il a pris l'habitude de produire en état modifié de conscience qui lui ont apporter les plus grandes prises de conscience. En effet, certaines fréquences lui permettent aujourd'hui de s'apaiser
Ainsi, il a pris l'habitude d’émettre une sonorité infime, mais grave, lorsqu'il sent un énervement monter de manière abrupte, afin de se calmer rapidement. La pratique lui a fait modélisé une régulation émotionnelle personnelle et hautement efficace.
Pourquoi un accompagnement aide au début ?
On peut tout à fait s'initier seul. Mais être guidé au départ permet d'apprendre plus vite, plus profondément et plus sereinement : un cadre, une voix, des repères, et quelqu'un pour répondre à vos questions. L'objectif, paradoxalement, n'est pas de vous rendre dépendant de ce guidage, mais bien l'inverse.
Une bonne transmission vise à vous rendre autonome : que vous repartiez avec la capacité d'entrer en transe par vous-même et d'y sortir quand vous le souhaitez.
C'est tout le sens de la transe auto-induite que nous transmettons.
Pour comprendre ce qui se passe alors dans votre cerveau, lisez « Qu'est-ce que la transe consciente ? ». Et pour être accompagné dans vos premiers pas, découvrez nos formats d'initiation.
À propos des auteurs
Cet article a été écrit par Camille et Simon, praticiens en transe consciente et co-créateurs de la méthode HoloSelf, au sein de l'organisation Les Autres Nous (Bruxelles). Simon est formé en hypnose ericksonienne transpersonnelle et en psychopathologie ; Camille est formée à la transe générative par Stephen Gilligan et spécialisée en communication animale. Ensemble, ils accompagnent particuliers et praticiens depuis [nombre] ans, en présentiel et en ligne.
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