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Les états non ordinaires de conscience (ENOC) : ce que la science en dit

  • Photo du rédacteur: Les Autres Nous
    Les Autres Nous
  • 24 juil.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 août


                           								ENOC lors d'un de nos stages organisés
ENOC lors d'un de nos stages organisés

Les états non ordinaires de conscience (ENOC) sont des variations temporaires de notre expérience subjective, distinctes de l'état de veille ordinaire. Rêve, hypnagogie, méditation profonde, transe : ils font partie du fonctionnement humain normal et sont aujourd'hui étudiés par les neurosciences à travers des marqueurs cérébraux reproductibles.


De quoi parle-t-on, au juste ?

L'expression « état non ordinaire de conscience » — ou « état modifié de conscience » — peut sembler mystérieuse. Elle désigne pourtant quelque chose de très concret. Une définition de référence, proposée par le psychologue Farthing en 1992, la résume bien : c'est un changement temporaire dans l'organisation globale de l'expérience subjective, tel que la personne ressent son fonctionnement mental comme nettement différent de son état de veille habituel.


Le mot-clé ici est « temporaire ». Un ENOC n'est ni une maladie, ni une perte permanente de repères : c'est une modification passagère et réversible de la façon dont on perçoit, ressent et pense. On en sort, et l'on retrouve son état de conscience ordinaire.


Des états que tout le monde traverse

Contrairement à l'idée reçue qui les associe à l'exceptionnel ou au mystique, les ENOC font partie de l'expérience humaine la plus banale. Vous en traversez régulièrement :

Le sommeil et surtout le rêve, l'ENOC le plus universel qui soit.

L'état hypnagogique, ce moment de bascule juste avant l'endormissement où surgissent images et sensations.

L'état de flow, cette absorption totale dans une activité où le temps et le sentiment de soi se modifient.

La rêverie profonde, la méditation, ou encore la transe.

Le chercheur Charles Tart, pionnier du domaine, défendait même l'idée que notre état de veille ordinaire n'est qu'un point parmi une vaste gamme d'états possibles — un outil utile pour certaines choses, mais pas pour toutes. Les ENOC ouvrent simplement d'autres fenêtres sur notre vie intérieure.


Mais il y a plein d'autres exemples que nous aimons donner aux participant·e·s de nos stages collectifs, des moments de transes très agréables qu'ils connaissent :


  • quand ils / elles vont écouter leur artiste préféré en concert

  • quand ils / elles savourent un orgasmes lorsqu'ils/elles font l'amour

  • lorsqu'ils / elles chantent ou jouent d'un instrument

  • lorsqu'ils / elles s'absorbent dans un tableau, quand ils / elles regardent un film, etc, etc.


Ce que la science en dit aujourd'hui

L'étude scientifique des ENOC n'est pas nouvelle : elle remonte à William James, à la fin du XIXe siècle, qui posait déjà que la conscience n'est pas un bloc fixe mais un phénomène en perpétuel mouvement. Ce qui a changé, c'est notre capacité à les mesurer.

La neuro-imagerie et l'électroencéphalographie ont permis d'associer ces états à des motifs cérébraux reproductibles : modulation du réseau du mode par défaut (le réseau de la rumination et de la conscience de soi), oscillations thalamocorticales, variations des ondes lentes comme les ondes thêta. Autrement dit, les ENOC ne sont pas de simples impressions subjectives : ils correspondent à des changements identifiables de l'activité du cerveau.

Signe de la maturité du domaine, un groupe international et multidisciplinaire de chercheurs a publié en 2025 une taxonomie consensus des états non ordinaires de conscience, distinguant huit grandes catégories phénoménologiques — du détachement expérientiel aux états d'unité, en passant par les états visionnaires ou les altérations de l'identité.

L'objectif affiché : apporter de la rigueur conceptuelle là où régnait le flou, et favoriser la recherche sérieuse.

Il faut rester honnête : la science de la conscience est jeune, et beaucoup reste à comprendre. Mais la tendance de fond est claire — on est passé d'un vocabulaire teinté de notions d'« âme » ou de « possession » à des classifications fondées sur des marqueurs comportementaux et neurophysiologiques reproductibles.


Bien que nous sommes très heureux·euse que la science puisse avancer sur les questions de la transe, nous ne privilégions pas un point de vue "tout scientifique". En effet, nous sommes d'abord attaché·e·s à la subjectivité du vécu de chacun·e, et en quoi chaque expérience peut aider la personne à aller mieux dans son processus personnel. De la sorte, nous ne pouvons réduire une expérience à quelques données objectives transposées lors de nos ateliers, ce qui risquerait de diminuer l'impact du vécu.

A l'inverse, nous ne prenons pas non plus le chemin du "tout spirituel", car nous ne sommes pas issu·e·s d'un courant de ce type. Venant de la société occidentale industrialisée, nous privilégions une approche laïque de la question. Mais cela n'empêche pas que nous accueillions avec grand plaisir les prises de conscience de ce type que certain·e·s participant·e·s puissent vivre.

Ainsi nous cherchons à construire avec sensibilité un juste milieu entre ces deux pôles, afin d'être le plus aligné·e·s possible avec nous-mêmes, nos possibilités, nos limites et avec les connaissances d'aujourd'hui sur la question.


Pourquoi cela compte pour la transe consciente

La transe consciente est précisément l'un de ces états non ordinaires — mais abordé d'une manière particulière : volontairement, lucidement, et dans un cadre. Comprendre que les ENOC font partie du fonctionnement humain normal change tout : explorer la transe, ce n'est pas s'aventurer dans l'anormal ou le surnaturel, c'est apprendre à mobiliser sciemment une capacité que vous possédez déjà.

C'est aussi pourquoi la transe auto-induite est accessible : puisque votre cerveau sait déjà produire ces états spontanément, il peut apprendre à y entrer de façon intentionnelle. La méthode ne crée pas une faculté nouvelle — elle vous apprend à reprendre la main sur quelque chose de profondément naturel.



À propos des auteurs

Cet article a été écrit par Camille et Simon, praticiens en transe consciente et co-créateurs de la méthode HoloSelf, au sein de l'organisation Les Autres Nous (Bruxelles). Simon est formé en hypnose ericksonienne transpersonnelle et en psychopathologie ; Camille est formée à la transe générative par Stephen Gilligan et spécialisée en communication animale. Ensemble, ils accompagnent particuliers et praticiens depuis [nombre] ans, en présentiel et en ligne.

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